à propos

Démarche : Mes problématiques de travail s’articulent autour de l’utilisation de matériaux pauvres, dits de récupération (papier, carton, déchets) pour la création d’estampes, dans l’idée de trouver des alternatives contemporaines aux pratiques traditionnelles de la gravure.
Prélever/ rassembler/ transformer/ éroder/ restituer.
Puisant dans des matériaux du quotidien, pauvres et destructibles, je créé des séries de matrices qui jouent avec les traditions de l’image imprimée. Je provoque un point de rencontre entre les geste du graveur et la matière décisionnelle qui impose ses attitudes.
L’estampe est un procédé par intermédiaires, l’action directe de la main sur le papier est exclue. J’exploite mes matrices avec leur potentiel de matière à métamorphose.
L’empreinte délimite des territoires, à l’intérieur desquels se déploient le microcosme d’un paysage vivant, une surface d’action qui stimule l’imaginaire, laisse s’exprimer les matériaux et propose une poésie graphique.
Des noirs émanent les blancs, les reliefs accrochent la lumière. Mes images avancent par ensembles à travers des préoccupations contemporaines. Elles s’adressent à l’humain, l’interroge sur ses comportements, sa présence au monde, son empreinte.


Texte critique de Benjamin Godot

Absorbé
Avec l’estampe parfois on se demande tout d’abord « comment c’est fait ? » Une question qui se pose, une envie de comprendre avant de savoir si l’on peut apprécier ; question fatidique, peut-être même un peu malvenue – non pas de curiosité mais
d’ordre de priorité -.
Avec Sarah Monnier, la question s’oublie. Parce que d’abord absorbé par un(e) esthétique un peu voilé, une espèce de secret qu’on aime à partager en sourires timidement discrets. Ça se traduit par des silhouettes, des ombres projetées sur des figures. Il y a des histoires de photographies surannées, de médaillons isolés qui deviennent des gravures de gens de la famille sans savoir qui c’est. C’est un peu pudique sans être dit. Ça fonctionne par empruntes, ça emprunte différentes techniques et puis ça évolue.
Par un évincement des dimensions, par changements d’échelle, on s’approche ; des extraits de visage deviennent des paysages, en eau-forte. On en vient à décortiquer du regard une envie de pointer du doigt un changement de point de vue sur ce que l’on a déjà perçu.
Mais pas seulement, sous la presse, avec le temps viennent aussi des images qui ne sont plus si intimes mais plutôt publiques, du portrait on passe au groupe, à une notion d’ensemble ; le travail est en couleur. Trois scènes de famille sublimées pour un résultat dont le souvenir n’appartient plus à personne.
Des monotypes comme des surprises, la matière prendra finalement le dessus sur la figuration : image organique, encre et lait concentré, avec ces éléments inconditionnés après impression l’oeuvre continue d’être changeante. Parce qu’il y a détournement de la réalité : déchets encrés, rebuts alimentaires, le résultat en devient plus unique encore, pris à la merci d’une technique maîtrisée et néanmoins volontairement laissée libre d’agir.
Alors derrière une histoire un peu cachée, derrière une envie de se laisser surprendre par les matériaux utilisés et par une maîtrise distanciée de son art, des images en sortent comprises ou non, par l’artiste ou par le public, mais l’essentiel est là, n’est-ce pas, dans tous les cas on est absorbé.

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